En 2025, à l’occasion du 1700e anniversaire du Concile de Nicée, le Cécef (conseil d’églises chrétiennes en France) organisait un concours de composition de chants. C’est dans ce contexte que je vous propose ce nouveau chant « Unis« . L’unité des chrétiens est un enjeu depuis les débuts du christianisme. Les raisons qui ont poussé au rassemblement du Concile de Nicée étaient déjà le début d’une division. On connait la suite de l’histoire jusqu’à aujourd’hui… Catholiques, orthodoxes, protestants, évangéliques etc, nous sommes tous appelés à prier pour notre unité dans le Corps du Christ.

Le Concile de Nicée

En 325, l’Eglise se trouve face à de fortes divisions internes. En cause, la perception de la Trinité. Ainsi, le prêtre Arius défend que le Fils n’est pas éternel, mais qu’il a été créé par le Père. Arius n’est qu’un simple prêtre d’Alexandrie, mais il a de l’ambition. Il élabore donc une technique marketing de pointe pour que son message se transmette. Cette formidable technique consiste à versifier et psalmodier ses réflexions théologiques pour en faciliter la mémorisation par son auditoire. Je ne peux que le comprendre et applaudir le procédé ! Comme Arius exerce son ministère à Alexandrie, il bénéficie de tout le brassage de population inévitable dans toute grande ville portuaire.

Sa théorie se répand si bien que les tensions deviennent fortes au sein de l’Église. Les défenseurs des théories d’Arius et ses détracteurs s’opposent fortement. Ces tensions sont telles que l’empereur Constantin, craignant pour l’unité de son empire plus que pour l’unité des chrétiens eux-mêmes, va lui-même convoquer le concile.

Il y eut des conciles avant celui de Nicée, rassemblant les évêques d’une province donnée. Mais la  nouveauté du concile de 325, considéré comme le premier véritable concile œcuménique, réside dans le nombre important de participants. Entre 200 et 250 évêques se sont réunis dans cette ville de l’actuelle Turquie du 20 mai au 25 juillet 325.

A l’issue de ce rassemblement, la profession de foi d’Arius est condamnée. Elle continue cependant à se répandre et il faudra attendre le concile de Constantinople en 381 pour que la controverse cesse.

C’est donc de ces deux conciles qu’est issue notre profession de foi actuelle : le symbole de Nicée-Constantinople.

Le Credo – symbole de Nicée-Constantinople

Face aux hérésies, l’Église se rassemble par ses évêques pour affirmer le cœur de sa foi. Le Credo (du latin, je crois) est ainsi la profession de foi rédigée par les évêques assemblés.

Le cœur de la foi chrétienne réside dans la foi en un Dieu trinitaire. Dieu est Père, Fils et Saint-Esprit, un seul Dieu en trois personnes. Ce mystère est immense et bien difficile à exprimer. Quelles relations entretiennent les personnes de la Trinité ? C’est ce que vient clarifier – autant que possible et avec des mots parfois compliqués – le symbole de Nicée-Constantinople.

Je crois en Dieu, Père, Fils et Saint-Esprit. Voilà la profession de foi qui rassemble tous les chrétiens du monde. C’est cette proclamation qui fait notre unité.

En 2025… Unis dans une même foi ?

En 2025, nous célébrons le 1700e anniversaire du concile qui permit la plus fine expression de la foi chrétienne. En 1700 ans, nombreuses ont été les divisions au sein du corps du Christ… Saisissant l’opportunité du concours organisé par le Conseil d’églises chrétiennes en France, je me suis aventurée dans la composition d’un nouveau chant. J’ai tout de suite voulu écrire un chant qui soit au service de l’unité. Immédiatement, un verset m’est venu à l’esprit « oui, il est bon, il est doux pour des frères de vivre ensemble et d’être unis » (Psaume 132,1)

J’ai donc écrit ce chant d’anniversaire dans un dialogue entre les mots du Credo et ceux du psaume 132. J’ai été particulièrement saisie par ce premier mot du psaume : « oui ». Oui, c’est l’expression la plus directe de l’adhésion, la formulation la plus pure de la foi. « Oui », c’est Marie à l’Annonciation et c’est le Christ en Croix. « Oui », c’est le Père qui nous donne son Fils et c’est l’Esprit qui vient demeurer en nous.

J’espère que ce chant vous plaira et qu’il nourrira en vous le désir de prier pour l’unité des chrétiens. « Père Saint, garde-les unis dans ton nom, le nom que tu m’as donné, pour qu’ils soient un, comme nous-mêmes ». (Jean 17,11)

Unis

R/ Oui, qu’il est doux pour des frères
De vivre ensemble et unis
Rassemblés au nom du Père
Et du Fils et de l’Esprit

1/ C’est un baume précieux
Cette unité en Dieu
Accordée par l’Esprit
Qui nous donne la Vie

2/ Un parfum sur nos têtes
Fait de nous des prophètes
Nous pouvons proclamer
Jésus ressuscité

3/ Une rosée descend
Du Père Tout-Puissant
Une bénédiction
Pour toutes les nations

Télécharger la partition d’Unis // Ecouter Unis

Pour découvrir les chants lauréats au concours du Cécef, c’est par ici !
La source principale de cet article est wikipédia pour les aspects historiques (non, je ne me suis pas (encore) plongée dans la lecture des écrits antiques de l’Eglise !)